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TNTV, un esprit de famille


Rédigé le Jeudi 25 Mars 2021 à 07:25 | Lu 65 commentaire(s)



Tahiti, le 25 mars 2021 - Il y a tout juste un an, Moea Pierron devenait rédactrice en chef de TNTV. Elle se confie à Fenua TV sur la façon de traiter l'information en temps de Covid, mais aussi sur les nouveautés de Tahiti Nui Télévision : écran tactile, habillage, rubriques, etc. Cette année, la chaîne poursuit son développement et veut continuer à faire évoluer le journal.
 

Moea, le 1er avril 2020, tu es devenue rédactrice en chef de TNTV. Un choix personnel ?
“J’ai pris la suite au pied levé. J’étais rédactrice en chef adjointe et ensuite j’ai pris l’intérim de rédactrice en chef. Au début, je n’avais pas l’intention de devenir rédactrice en chef, ce n’était pas mon objectif. J’ai commencé en tant qu’adjointe et je pensais le rester un moment, le temps de faire mes armes à ce poste-là, même si chez nous, on touche à tout. Et ce sont mes collègues, dont Brandy Tevero, qui est décédé, qui m’ont dit ‘Allez on y va, pose ta candidature (…) C’est bien que ce soit des gens qui comprennent le tahitien qui soient là’. Même si je ne parle pas tahitien… Je parle chinois (rires). J’ai des grands parents chinois et j’ai grandi avec eux et ils ne parlaient pas français. Donc j’ai dû apprendre le chinois.”

 


"Je ne veux pas qu’on accorde plus d’importance au tahitien ou au français"

Comment définis-tu la chaîne par rapport aux concurrents ?
“TNTV, c’est beaucoup de proximité. On essaie d’aller beaucoup vers les gens, de parler de faits de société. On ne peut pas passer à côté de tout ce qui est politique, économique, c’est obligatoire, mais on essaie d’aller près des gens, de voir ce qu’il se passe dans les communes. J'ai une équipe très soudée mais ils sont moins nombreux et du coup on est obligés de faire des choix. On ne peut pas tout traiter. On a aussi une façon différente de voir les choses avec déjà une équipe parfois plus jeune, qui n'a pas les mêmes impératifs. Chez nous, les journalistes sont polyvalents, il faut qu'ils fassent tout. Il faut qu'ils sachent utiliser leur caméra. En même temps qu'ils filment, il faut qu'ils écoutent ce qui se passe. Quand tu es tout seul, ce qui arrive souvent, il faut regarder, il faut écouter, il faut penser aux questions que tu vas poser, il faut penser à tout. Il y en a beaucoup qui préfèrent cet aspect là, contrôler de A à Z. Ça va plus vite, ils sont plus créatifs. On voit ça quand il y a des urgences, ils prennent le matos et ils n'ont pas à attendre le cadreur ou quoi que ce soit, ils y vont. (…) On a deux journaux et l‘un comme l’autre sont aussi importants. Je ne veux pas qu’on accorde plus d’importance au tahitien ou au français. Ils sont aussi importants l’un que l’autre parce qu’on touche toute la population.”
 

Vous êtes présents aussi dans les îles ?

“On a quelques correspondants dans les îles, on a deux personnes à Raiatea, parce qu’on a un bureau là bas, on a quelqu’un à Bora Bora, on a un correspondant à Rangiroa, un à Ua Pou, un à Nuku Hiva, Rimatara, Mangareva, et Rurutu. À un moment on avait beaucoup plus de correspondants, ça s’est essoufflé un peu et on essaye de reprendre petit à petit et de rechercher de nouveaux correspondants, des gens qui sont intéressés et qu’on forme à l’image de manière à ce qu’on puisse avoir des reportages. Il y en a deux qui sont actuellement en formation.”
 

Quelles sont les nouveautés cette année ?

“Depuis quelques mois, on a essayé d’intégrer un peu plus de plateaux sur le terrain, pour qu’on voit l’équipe. On entend les journalistes mais souvent les gens ne savent pas qui c’est. Le but c’était de montrer un visage derrière ces noms qu’on entend tous les jours à la télé. Un peu plus de proximité aussi. Au 1er février, on a aussi intégré un écran tactile. Cela a demandé un peu d’entraînement et de formation pour chacun. Cela va évoluer pour que toute la rédaction puisse y passer. C’est l’information du futur et c’est une évolution qui permet de mieux expliquer les choses. Juste une personne qui parle, ce n’est pas suffisant. Il faut du visuel pour que les gens comprennent et que ça attire le regard.”
 

Il y a de nouvelles émissions ? De nouvelles rubriques ?

“On a fait évoluer notre partie sportive qui était auparavant concentrée sur le dimanche avec le grand JT –20 minutes d’actualités et 20 minutes de sports– et qui aujourd’hui est répartie sur plusieurs jours à partir du jeudi. Avec une partie intégrée dans le journal, où Oriano Tefau s’intéresse aux sportifs polynésiens qui sont à l’étranger. Ça avait commencé l’année dernière et ça s’est arrêté un peu pendant le Covid où il n'y avait plus de compétitions et on a repris avec la nouvelle grille en février. L’autre nouveauté c’est le décryptage sportif chaque vendredi où Oriano choisit une discipline qu’il explique. Les gestes, le comptage des points… Il travaille avec les fédérations, ses images actuelles ou d’archives et ensuite avec les infographistes. C’est vraiment un travail d’équipe. Depuis cette rentrée, il y a aussi le samedi le “zoom du web”. Il s’agit cette fois de parler des choses insolites du web, des actualités qu’on peut difficilement traiter dans le journal. Souvent le buzz de la semaine.

Il y a des rubriques qu’on a reprises, uniquement dans le ve'a, le journal en tahitien. Depuis la rentrée c’est Matahi Tutavae, avec ses connaissances sur la culture, le patrimoine, ses liens avec de nombreuses personnes, qui gère cette partie, pour laisser les gens parler de leur culture, de leur patrimoine. On continue la chronique US avec Ramzy. C’est surtout sociétal. Il a parlé des vaccins, il a parlé du mouvement #MeToo. 

Il a parlé de la grosse interview de Harry et Meghan face à Oprah Winfrey. Ça dépend de l’actualité. Ça change tout le temps et c’est une rubrique qui plaît car ça permet de voir autre chose que la Polynésie. Et puis il y a les émissions qui continuent comme le Tere Farerei. C’est une émission pilotée par Laure Philiber en français et Mata Ihorai en tahitien. Elles vont à la rencontre des élus de Polynésie. Ça reprend, la première diffusion est prévue le 7 avril à Teahup’o’ avec le maire de Taiarapu-Ouest [Tetuanui Hamblin, ndlr].”


"La Polynésie, c'est l'identité de la chaîne"

Quid du nouvel habillage ?
“Avec la nouvelle grille, on a lancé un nouvel habillage, plus moderne que ce qu’on avait avant. Mais ça parle autant de modernité que de l’histoire, du patrimoine de la Polynésie. On a toujours les mêmes couleurs avec la touche rouge qui rappelle le logo de TNTV et la carte de la Polynésie qui défile en arrière avec des tatouages et de petits points qui apparaissent. Ces petits points, ce sont les gens. Ce sont nos points d'intérêt, ça peut aussi être considéré comme un signal, le signal d'un téléphone, le signal d'une antenne. C'est la Polynésie en fait. On a voulu moderniser et nos graphistes ont travaillé sur trois génériques différents en regardant ce qui se faisait à l'international. Ça a pris plusieurs mois. Ils ont intégré des motifs de tatouages polynésiens qui ont été commandés directement à un tatoueur. Philippe Aukara. C'est un peu la touche d'authenticité polynésienne qu'on voulait. La Polynésie c'est l'identité de la chaîne. Par exemple, des graphiques apparaissent dans les bandeaux de noms, prénoms et fonction et on les retrouve ailleurs aussi. En fait, c'est toute la charte graphique du journal qui a été revue. La dernière datait de 2015. C'est quelque chose qu'on devait faire l'année dernière parce qu'on voulait changer toute la charte graphique pour les 20 ans de TNTV et avec le Covid il y a beaucoup de choses qui ont été mises de côté."
 

En quoi le Covid a-t-il justement modifié votre façon de travailler ?
“Les choses reprennent petit à petit leur cours mais c’est vrai que pendant un moment il y avait beaucoup de restrictions, les gens nous recevaient beaucoup moins. On faisait beaucoup de choses par téléphone ou par Messenger. Normalement on fait de l’image donc il faut qu’on aille voir les gens, on a besoin de les rencontrer, de discuter avec eux, de faire des interviews en images et avec le Covid c’est ce souci de distance qui a été compliqué. Et après il a fallu gérer tout ce qui était sanitaire en interne. Mais l’équipe –ils ne sont pas nombreux, une vingtaine de journalistes– n’a pas voulu s’arrêter de travailler. Il n’en était pas question. Il y en a même qui sont fragiles et que Mateata [Maamaatuaiahutapu, ndlr] a dû obliger à rentrer parce qu’ils ne voulaient pas s’arrêter. Ce qu’ils voulaient c’était vraiment transmettre l’information. Que les gens puissent avoir les dernières informations concernant la maladie. (…) Cet esprit de famille permet de partager les choses et de faire évoluer les choses plus facilement. Et avec Mateata on sait où on va. C'est cet esprit-là que je veux garder à la rédaction. C’est un peu une vie de famille, on passe énormément de temps ici. On rentre après les journaux. On vit ensemble. C’est le fait que l’équipe soit soudée qui a permis de continuer d’avancer."
 

Comment vois tu l'année à venir ?
"Pour 2021, on a une équipe qui veut continuer à avancer et qui espère que la situation va aller mieux. J'ai une équipe qui me soutient. On discute. Les choses vont continuer à évoluer et on va continuer à faire évoluer le journal vers quelques chose d'encore mieux (…), pour pouvoir y ajouter toujours un petit plus régulièrement et que les gens apprécient de regarder le journal. Ils ont une information concrète, vérifiée, ce n'est pas comme certains disent, du travail d'amateur."





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