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Rapa, naître ici, vivre là-bas », un documentaire, une aventure


Rédigé le Jeudi 13 Octobre 2022 à 09:44 | Lu 935 commentaire(s)


Dans son documentaire intitulé « Rapa, naître ici, vivre là-bas », Nicolas Pruvot a filmé l’île de Rapa en suivant Toti, un enfant du pays. Ce dernier vit à 17 000 kilomètres de sa terre natale. Une situation rare qui permet au réalisateur, au-delà du territoire, de parler de déracinement.


Peux-tu nous expliquer quelle était ton intention avec ce documentaire intitulé « Rapa, naître ici, vivre là-bas » ?
« Avec ce documentaire qui dure 52 minutes, je ne voulais pas réaliser une vitrine de Rapa, je voulais faire un film de personnage, raconter une histoire et, à travers cette histoire raconter l’île, les habitants, les habitudes. Je tenais par ailleurs à parler de déracinement, d’arrachement à sa terre natale, de retour au pays. Ce sont des sujets qui me touchent et que j’ai moi-même vécu. J’ai grandi sur l’île de la Réunion que j’ai quittée à l’âge de 17 ans. »

Pourquoi Rapa ?
« Voilà plusieurs années que je veux filmer cette île qui nous interroge tous. C’est une île extrêmement isolée que les habitants cherchent à préserver. Cela m’attire depuis toujours. J’avais de nombreuses idées, j’imaginais une île authentique encore peu voire pas touchée par la mondialisation et mon envie était de confronter ces idées à la réalité. »

Comment était la réalité ? A-t-elle conforté les idées que tu te faisais de l’île ?
« Oui, c’est une île qui ne ressemble à aucune autre, elle reste très préservée. Les gens vivent en communauté, ils organisent des repas tous les dimanches, des jeux. Ils font tout ensemble, le pain, le popoi qui est là-bas à base de tarot, la pêche, la chasse, ils partagent tout. Ils sont extrêmement solidaires et sont très accueillants et gentils, une fois leur confiance gagnée. »

Parle nous du personnage, qui est-il ?
« Il s’appelle Toti, je l’ai rencontré une fois arrivé sur place. En raison de l’éloignement de l’île je n’ai pas pu faire de repérage avant de commencer à tourner. Ce qui est très particulier. J’avais donc une envie, mais je n’avais pas encore trouvé celle ou celui que je suivrais. Un jour, je suis tombé sur Toti, il m’a indiqué mon chemin, nous avons discuté et il s’est avéré qu’il correspondait exactement ou presque à ce que je cherchais ! J’avais seulement envisagé choisir quelqu’un de plus jeune. Il a répondu avec beaucoup d’enthousiasme et d’envie à ma demande. »

Qui est Toti ?
« Toti est né à Rapa, il est l’un des tout premiers à avoir quitté l’île. Il a fait son service militaire puis s’est engagé. Il a aujourd’hui 60 ans et il vit à Boulogne en France. Il essaie de rentrer tous les 5 ans en moyenne à Rapa où il a encore de la famille, sa maman, des frères et sœurs, des oncles et tantes... Je l’ai donc rencontré sur place et nous avons pris le même bateau pour quitter l’île, j’ai filmé son départ. »

Quand es-tu allé à Rapa ?
« J’ai commencé à penser le documentaire il y a 4 ou 5 ans au moins. J’ai fait toutes les demandes d’usage, j’ai pris contact avec le maire, je me suis présenté au conseil des sages, le Toohitu, j’ai explicité mon projet. Tout cela est fait depuis longtemps. Ensuite, il fallu organiser le déplacement. Il y a un bateau régulier, le Tuhapae, qui dessert l’île tous les mois, voire tous les mois et demi. On ne peut pas rester moins d’un mois sur place. En période scolaire, il y a bien la flottille administrative mais elle est réservée aux enfants de Rapa, il n’y a donc pas de place. Et puis le Covid est arrivé. »


Cela a modifié tous tes plans ?
« Oui. Les Rapa ont eu très peur, et cela se comprend parfaitement, il n’y a ni aéroport, ni hôpital. Je n’étais pas le bienvenu après cela. Un jour, en mars 2022, une place sur l’Aranui qui faisait une escale exceptionnelle à Rapa, s’est libérée. Cela a été l’occasion qui a un peu forcé les choses. J’ai moi-même abandonné tous les projets sur lesquels j’étais pour prendre le bateau. »

Te rappelles-tu ce que tu as ressenti en voyant l’île pour la première fois ?
« Elle est apparue en sortant d’un épais brouillard. Les conditions météorologiques étaient particulières, c’était la tempête, des rafales à 100 kilomètres par heure, de la pluie. La mer était agitée. Rapa restait pour moi comme une chimère, et elle s’est soudain dévoilée. Ce sont d’ailleurs les premières images du documentaire. C’était à la hauteur de toutes mes attentes. »

Sur l’île, comment as-tu été accueilli ?
« Le rêve s’est confronté à la réalité. La météo est restée mauvaise pendant dix jours, je n’ai rien pu faire, rien filmé. Les gens restaient méfiants, je suis resté coincé pendant tout ce temps sans pouvoir avancer sur quoi que ce soit. J’avoue que je me suis posé la question de savoir ce que je faisais là, seul. Et puis, la météo s’est améliorée et tout s’est mis en place. Toti m’a ouvert de nombreuses portes, les Rapa m’ont accueilli. Cette aventure est très étonnante, c’est le tournage que j’ai le moins préparé et pourtant, tout était là, tout s’est présenté en temps voulu ! »

Qu’est-ce qui te reste de tout cela ?
« Je trouve apaisant et, d’une certaine manière, rassurant, de savoir qu’il existe encore sur Terre, un endroit comme Rapa, loin de tout, préservée. »

À voir
Documentaire de 52 minutes intitulé « Rapa, naître ici, vivre là-bas », réalisé par Nicolas Pruvot, produit par Bleu lagon productions.
Première diffusion le 19 octobre sur Polynésie la première à 19h20 dans Patitifa.




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