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Poerani Tehuiotoa en route pour Miss Tattoo France


Rédigé le Mercredi 6 Octobre 2021 à 15:44 | Lu 171 commentaire(s)


Elles étaient 444 candidates. Il ne reste plus que 12 finalistes. L'élection de Miss Tattoo France 2021 a lieu ce jeudi 7 octobre à Paris. Avec pour la première fois, une candidate du fenua. Et Poerani Tehuiotoa, 38 ans, élue Ink Girl Tahiti et Miss Tatau en 2019, espère bien monter sur la plus haute marche du podium.


Poerani, Aujourd'hui tu es la première Polynésienne à te présenter à l'élection de Miss Tattoo France. Comment l'expliques-tu ?
"Iaorana le fenua. Effectivement, je suis la première Polynésienne à me présenter à Miss Tattoo France. Nos premières ambassadrices du tatouage polynésien comme Estelle Anania, Herenui Li et Hinarii Shing Soi ont ouvert la porte par leur participation à Ink Girl France, en tant que Ink Girl Tahiti. C’était une sélection sur dossier. Depuis, Polynesia Tatau a organisé une réelle élection où j’ai été également élue Ink Girl Tahiti en même temps que mon titre de Miss Tatau depuis 2019. Il faut savoir que Miss Tattoo France est sans doute le concours de beauté le plus prestigieux dans le monde du tatouage en France. J’ai eu la chance inouïe d’avoir été repérée depuis la France et le directeur de MTW Production, Jérome Lévy, est venu en Polynésie pour me solliciter afin de participer au concours. Nous étions 444 candidates toutes régions confondues et j’ai été sélectionnée d’office parmi les douze plus belles femmes tatouées pour représenter tout le Pacifique."

C'est important d'affirmer la place de Tahiti dans le monde du tattoo ?
"La Polynésie a entièrement sa place dans le monde du tattoo car le mot même vient de la langue tahitienne, "tatau", qui signifie marquer. Nous avons une approche très profonde du tatouage polynésien car il fait partie intégrante de notre culture. C’est un art de nos traditions ancestrales qui est reconnu et s’exporte respectueusement. Et mon devoir en tant que nouvelle ambassadrice est de la faire perdurer dans le temps et dans le monde entier."

Quels sont tes points forts pour le concours ?
"Mes points fort en tant que candidate sont avant tout, je pense, l’harmonie, la symétrie et la symbolique de ma structure. Mais aussi ma performance au nombre d'heures et de tatoueurs intervenus en simultané pour accomplir le travail. Deux des critères les plus importants seront également le charisme et la prestance."

Et tes faiblesses ?
"Je n’y pense même pas ! J’y participe pour notre fenua et mes tatoueurs qui ont bossé nuit et jour pour accomplir ce travail titanesque sur mon corps. Il y a énormément de personnes qui se sont investies dans ce projet avec moi depuis 2019. Mes tatoueurs, mes sponsors, mes amis et ma famille que je ne remercierai jamais assez tellement ils sont nombreux. Je ne suis pas ici juste pour faire ma belle mais bien pour représenter haut et loin les couleurs de la Polynésie française en apportant de la valeur à notre culture. Alors, je ne peux pas me permettre d’avoir des faiblesses. Si ce titre est pour moi, il sera pour tout le pays."

Comment te prépares-tu pour l'élection ?
"Je continue ma préparation avec le même programme que j’avais à Tahiti. C’est à dire énormément de sport, une alimentation équilibrée, de multiples représentations aux événements autour du tatouage et aussi un maintien des réseaux sociaux."

Quand es tu arrivée en France ?
"Je suis en Métropole depuis le 20 juin. Même si le concours n’est que le 7 octobre à Paris, il était nécessaire pour moi de me rendre sur place pour la remise des écharpes qui était le 1er juillet. (…) Je suis basée essentiellement à Paris, chez ma soeur Poerava Bras qui est attachée de presse. Elle est un élément important dans ma préparation car elle organise mon planning au jour le jour en tant que chargée de communication. Et depuis que j’ai trouvé l’amour lors de mes représentations aux festivals polynésiens, je passe énormément de temps à l’île de Ré à La Rochelle."

Tu t'es fait tatouer pour la première fois à l'âge de 36 ans. Pourquoi avoir attendu si longtemps ?
"Je suis passionnée de tatouage depuis mon plus jeune âge grâce à mon oncle, Tavita Manea, une icône du tatouage polynésien. Il a suscité en moi cette fascination. J’aurais pu le faire maintes et maintes fois à plusieurs occasions mais sa petite voix et les valeurs qu’il m’enseignait raisonnaient toujours en moi. Et j’ai tout simplement attendu le bon moment en voulant le faire avec les meilleurs pour ce que je souhaitais réaliser sur ma peau. Mon devoir d’ambassadrice est aussi d’orienter au mieux les futurs tatoués avec l'histoire de leurs propres inspirations."

Ton tatouage a nécessité plusieurs centaines d'heures de travail et a mobilisé six tatoueurs. Un sacré challenge ?
"J'en suis à 230 heures de tatouage dont 142 heures effectuées en un peu moins de trois mois. Jusqu’à 20 jours d’affilée et de 4 à 12 heures sans interruption. J’ai réalisé une performance avec une session à six tatoueurs en simultané pendant 6 heures, juste avant de venir en France. Effectivement, un sacré challenge. Mais je tiens à préciser que je ne ressens aucun plaisir à la douleur. Je souhaitais juste voir jusqu’où je pouvais dépasser mes limites. Et j’ai compris que le corps humain avec un mental d’acier est une vraie machine."

Qui sont les tatoueurs qui sont intervenus ?
"Toute la Team de "Tattoo By Patu" est intervenue. Elle est composée de huit artistes tatoueurs. Tout d’abord, Patu Mamatui Tamata sans qui je ne vivrai certainement pas toute cette belle aventure. Il y a eu aussi Heipua PinapuaArt, son compagnon, Peniamina. Parima Heitaa alias Sibul Heitaa, Eliott Guédeu, Aitofa concept, Teaniva Dinard et Mata 2511. Une équipe du tonnerre organisée par Eimeo Brillant."

Quelle est la signification de ton tatouage ?
"Mon tatouage représente mon arbre généalogique et avec mes tatoueurs, nous avons décidé d’une structure en armure et d’une symétrie avec un graphisme 100% polynésien.
Mon tatouage commence par une jambe pour chaque lignée :
La droite est dédiée à mon paternel, symbolisant la force de sa jambe d’appui en tant que boxeur ; La gauche est du côté maternel, du cœur, pour avoir été bercée par son amour et pour tous les sacrifices qu’elle a dû faire en tant que mère.
On peut y retrouver des motifs symboliques tels que le fouet, l’œil et la lignée du guerrier, l’appartenance à la terre, à la mer, la force, les boussoles et le lien de la famille…

Sur mon fessier, deux motifs circulaires. Une représentation de la pieuvre, fe’e nui, symbolisant les Polynésiens peuplant le Pacifique par les tentacules. Guidés par les étoiles, le vent, la mer pour trouver d’autres terres grâce aux seules forces de la nature. C’est aussi une représentation de ma naissance en plein ouragan où mon père se faisait emporter par un typhon. Tentant de rejoindre ma mère pendant qu’elle m’enfantait lors du cyclone " Ve’ena" en 1983.

La Tiare 'apetahi, cette fleur endémique de mon île natale, Raiatea, est posée sur le bas de mes reins pour relier mes deux lignées nées sur la même île.

-En guise de ceinture ou Maro 'ura, que seuls les rois portaient aux temps anciens, le Marae Taputapuatea, ce temple à ciel ouvert où se produisaient toutes les cérémonies culturelles depuis la naissance du peuple polynésien. Mes tatoueurs y ont même inscrit les unu, ces sculptures en bois pour faire la connexion entre la terre et le ciel. Il représente également ma matrice en sacrifice pour les 56 heures de travail que j’ai passées à enfanter ma fille, Tikirani. Cette douleur là, tout comme le tatouage, une mère ne l’oublie jamais.

-Sur mon dos est symbolisé Îpuaki, dieu des cultes polynésiens protecteur des âmes. Je tenais à marquer mon dos d’un motif ancestral, comme une main qui me guidera et me protégera toujours dans le temps.
-Sur chaque épaule, un tiki ; Ce sont les deux profils de ma fille, Tikirani signifiant "première divinité du ciel".
-Sur mes clavicules, une cape en hommage à l’ancêtre de ma mère, le roi Tamatoa. Ainsi qu’un symbole pour allier mes deux familles, le 'iti'iti.
-Sur mes avants bras, les boucliers de protection et les armes dont les ancêtres se servaient pour combattre. Je suis une passionnée de boxe, il était tout aussi important pour moi de marquer mes avant-bras car c’est une arme de défense et de protection."

Avec tous ces motifs, ta famille a une grande importance pour toi ?
"J’ai la chance d’avoir une famille exceptionnelle. La famille, c’est sacré !"

Et ce n'est pas fini ...
"Il reste dorénavant deux pièces pour compléter ma structure…
• Deux espaces dans le dos pour y tatouer "rūmia", ce ciel confiné de Ta’aroa, dieu créateur du monde polynésien.
• Sur mon corps, toute la naissance du patrimoine de mon peuple pour marquer mon appartenance à mes racines, mes origines.
La dernière pièce sera le cou. Un motif qui relèvera toute mon armure et qui me rappellera de garder toujours la tête haute quelle que soit la difficulté à surmonter."

Tu tatoues aussi ?
"Malheureusement, je ne tatoue pas comme nos talentueux tatoueurs de Tatau ou de Patutiki et j’en rêve. Je connais le long chemin aussi et le parcours pour être très bon. L’apprentissage des motifs, la passion du dessin et toute l’histoire de la culture polynésienne au travers du tatouage. Je suis dans le domaine de l’esthétique depuis 2002 et je viens de me spécialiser en dermo-esthétique pendant mon séjour ici à Paris. J’ai donc trouvé une activité liée au tatouage."

Tu as eu un cancer du sein. Aujourd'hui, tu t'investis beaucoup pour les femmes qui en souffrent ?
"Un cancer dont je suis guérie, mais je pense à toutes ces femmes qui luttent encore et pour qui il était important d’apporter ma contribution en leur portant toute mon attention au travers de mon nouveau projet, la dermopigmentation reconstructrice (…). Mon projet est avant tout de fonder ce centre en dermo-esthétique où je pourrai proposer de belles prestations comme la correction de l’aréole mammaire, le camouflage des cicatrices, des vergetures et de toutes sortes de tâches cutanées comme le vitiligo…"

credit Micka-M photography
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