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Nathalie Jolibois : "Je veux peindre la lumière"


Rédigé le Mercredi 15 Septembre 2021 à 09:50 | Lu 227 commentaire(s)


À Moorea, la peintre Nathalie Jolibois propose des stages de peinture en bord de mer. Elle y enseigne le pouvoir de la couleur dans un cadre sublime.


Nathalie, tu es peintre, enseignante, tu as deux galeries, à Moorea et à Planguenoual. Comment gères-tu tout ça ?
"J'ai une petite galerie d'art chez moi, dans ma maison dans les côtes d'Armor, pas très loin de Saint-Malo, à Planguenoual, qui regroupe des tableaux de différents pays où je suis allée peindre. J'ai peint dans pas mal d'endroits et avant que ma fille, Kaléna, naisse, j'avais déjà fait deux tours du monde. À chaque fois je revenais en Bretagne pour exposer tous ces tableaux. Aujourd'hui encore, à chaque fois que je reviens, je rapporte un ou deux tableaux. En même temps, je passe beaucoup de temps en Polynésie et c'est beaucoup de jonglage, surtout maintenant que ma fille a 14 ans. Du coup on est rentré le 3 septembre et cette année on va rester ici, pour sa 3ème au collège de Pao Pao."

Quand as tu commencé à t'intéresser à la peinture ?
"La peinture, c’est une histoire de famille. Mon arrière-grand-père peignait, mon grand-père maternel peignait et mon père également. J’ai découvert très jeune le parfum de l’huile de lin et je l’adorais !
Par contre je suis la seule à avoir osé en faire un métier. Comme si je devais rattraper le temps et
prouver qu’il est possible de vivre de son art."

Où as tu appris ?
"Mon parcours est atypique. N’étant pas du tout scolaire, je me suis arrêtée en seconde. À ce moment j’ai 16 ans et je n’aime que dessiner, à cette époque je me concentre uniquement sur le noir, je m’habille en noir ou en rouge, je dessine et peint à l’encre de chine des mondes imaginaires sûrement, car mon quotidien n’est pas rose (rires).
Je souhaite entrer aux Beaux-Arts, mais n’ayant pas été jusqu’au bac un bon nombre de personnes
tentent de m'en dissuader et me conseillent plutôt de faire un BEPC (Brevet d'études du premier cycle) comptabilité ! Perdue, j’accepte et je me perds un peu plus. Je ne ferai qu’un an. Je suis le cas type de la mauvaise orientation scolaire, mon envie de créer, de m’exprimer est plus forte.
L’année suivante, je m’inscris à l’école municipale des Beaux-Arts de Saint-Brieuc, en cours du soir et du samedi après-midi. Je fais mes 120 km par semaine en stop pour m’y rendre. Le directeur est un homme extraordinaire, graveur à l’eau forte de passion. Voyant mon acharnement et mon
engagement, il fera un courrier à l’école des Beaux-Arts de Rennes et à celle de Quimper, pour que je puisse passer les concours d’entrée avec une dérogation. Je serai acceptée aux deux écoles. Et je choisirai les Beaux-Arts de Rennes. Là, j’en apprend un peu plus sur la couleur, je découvre l’impressionnisme et tombe amoureuse des tableaux de Monet, de Caillebotte, de John Singer Sargent. Je vais voir énormément d’expositions, de musées où je peux découvrir leurs œuvres."

Quel est ton tableau préféré ?
"A l’Orangerie à Paris, je tombe sidérée d’admiration devant un des tableaux de Monet, sa femme et
son fils Camille dans un champs de coquelicots*. Inondée de lumière dans un instant fugace, me parvient le parfum des fleurs. Orgasme pictural. Moment de grâce."

Ton apprentissage n'est pas fini ?
"À ce moment, la passion du plein air me prend et je commence à peindre en extérieur sur les bords de la Vilaine, à Rennes. Aux Beaux-Arts on vous enseigne à vous démarquer, à faire du nouveau ! Et puis je me retrouve à nouveau dans une orientation qui ne me satisfait pas et à force de recherches, ne trouvant pas ce que je souhaite en France, je pars en Suède, intégrer l’atelier particulier du peintre impressionniste américain F. Goldstein. Il s’y est installé après ses études à l’académie de Provincetown. Cette académie était dirigée par Henry Hensche**. Peintre renommé aux États-Unis et ami de Claude Monet, il vint le visiter pour la dernière fois en 1924, deux ans avant le décès du peintre français. Là, enfin, je reçois l’enseignement que je recherche, les mélanges de la peinture à l’huile, la décomposition de la lumière, les rapports colorés."

La lumière joue un grand rôle pour toi ?
"J’ai 22 ans et je sais désormais très clairement ce que je veux faire dans ma vie. Je veux peindre la lumière."

Tu es aussi art thérapeute. Ça consiste en quoi ?
"A l’âge de 26 ans, je suis partie étudier en Angleterre à la Tobias School Of Art & Therapy, une école anthroposophique (un courant philosophique fondé par Rudolf Steiner au début du XXe siècle). Une nouvelle révélation : la peinture aide à la guérison des bleus de l’âme. Ainsi, c’est là que je me forme en art thérapie par la couleur. Et voilà maintenant un peu plus de 25 ans que Je suis art thérapeute spécialisée dans la couleur."

Tu donnes des cours de peinture sur la plage. Une belle façon de partager tes connaissances ?
"Mon atelier se trouve en plein cœur de la baie de Cook, sur le site d’Aimeo à Paopao. Mes tableaux y sont exposés et j’accueille les intéressés avec plaisir dans un cadre sublime qu’on m’a donné la chance d’exploiter pour mon activité. (…) Chaque couleur ayant une longueur d’onde spécifique, elle a son propre pouvoir thérapeutique, par exemple le travail en peinture des bleus a la capacité de calmer, les rouges au contraire, de dynamiser. Chaque couleur dans la gamme chromatique a un pouvoir spécifique. Voilà donc deux techniques que je partage avec passion dans mes stages."

Quels sont tes projets pour l'année à venir ?
"J’espère qu’en 2022, les tours opérateurs avec qui j’ai été mise en contact cette année, via
l’événement ParauParau Tahiti organisé par Tahiti tourisme, pourront proposer mes stages comme
convenu. Faire découvrir le relief de Moorea dans ses lumières sublimes, faire poser mes
connaissances polynésiennes, est pour moi une excellente manière de faire connaître le fenua avec
respect et humilité."

Durant cette période sanitaire difficile, qu'apporte la peinture ?
"Lorsque je peins, j’atteins une stabilité émotionnelle d’une rare qualité, c’est ce que je propose
également de partager. Dans l’état actuel de notre société, c’est un devoir que de ne pas s’en
priver."

Contact
Tél. : 87 75 52 57
Mail : nathaliejolibois@yahoo.fr
Site : www.natalyjolibois.com




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