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"Le jeu de la dame", boîte à souvenirs pour la reine des échecs hongroise


Rédigé le Mercredi 16 Décembre 2020 à 13:31 | Lu 160 fois | 0 commentaire(s)



"Le jeu de la dame", boîte à souvenirs pour la reine des échecs hongroise
"Tension et peur": devant la scène finale de la série "Le jeu de la dame", la Hongroise Judit Polgar s'est retrouvée propulsée des années en arrière, revivant ses combats contre le maître des échecs Garry Kasparov.

"J'ai eu une sensation de déjà-vu" en voyant Beth Harmon, l'héroïne de l'oeuvre de Netflix, affronter son adversaire russe Vasily Borgov dans une ambiance lourde, "pensant que peut-être elle n'y arriverait pas", raconte-t-elle dans un entretien à l'AFP.

"C'est ce que j'ai éprouvé contre Kasparov", vaincu à Moscou en 2002 dans "un moment historique", souffle avec nostalgie celle qui est considérée comme la meilleure joueuse de tous les temps.

Quelques années plus tôt, le légendaire joueur russe avait pourtant moqué l'enfant prodige, persuadé que jamais il ne serait défait par une rivale, lui qui a dominé le classement mondial de 1985 à 2000.

"Je suis quasiment sûr que c'est impossible", avait-il lancé à des journalistes, bravache, selon des propos rapportés par Judit Polgar. "Les femmes ne sont pas capables de gérer ce type de pression" et feraient mieux de se contenter d'avoir des enfants, aurait-il dit à l'époque.

Pourtant il allait vite être impressionné par le talent de la jeune fille, éduquée dans la Hongrie communiste pour devenir avec ses soeurs Susan et Sofia des championnes d'échecs, au prix d'un entraînement intensif.

- 'Remarques sexistes" -
En 1988, la fratrie porte l'équipe féminine hongroise vers l'or aux Olympiades de la discipline face aux jusqu'alors invincibles Soviétiques.

Trois ans plus tard, Judit décroche à l'âge de 15 ans le titre prestigieux de "grand maître international", battant le record de précocité d'une autre légende, l'Américain Bobby Fischer.

Ce fut alors une succession de victoires contre les meilleurs de la discipline, à l'image des parties enchaînées sans trembler par l'orpheline ultra-douée de "The queen's gambit".

Avec des réactions tout aussi contrastées que celles dépeintes à l'écran, de la courtoisie à la rage: "Le premier grand maître que j'ai battu se tapait la tête contre l'ascenseur après sa défaite, un autre a refusé de me serrer la main et s'est enfui à toute vitesse", relate-t-elle.

Elle se souvient aussi avec fierté de sa performance en 2002 dans un grand tournoi au Pays-Bas, où elle avait damé le pion au champion du monde russe de l'époque, Vladimir Kramnik. "Le tournoi de ma vie".

Mais à la différence de la série de Netflix où la question du sexisme est à peine effleurée, Judit Polgar a dû parfois endurer des commentaires désobligeants.

Dans l'univers très masculin des échecs, "les filles doivent supporter bien plus de remarques à caractère sexiste et de regards mauvais que ce que Beth peut vivre".

- Engouement des filles -

"J'ai rarement eu affaire à des situations dramatiques, mais il y avait des moments" où mes adversaires attribuaient mes bons scores à la chance, poursuit la championne de 44 ans. "Il a fallu que je fasse mes preuves, plus que si j'avais été un garçon".

Depuis longtemps réconciliée avec Kasparov, qui a officié comme consultant pour la série, Judit Polgar a apprécié "l'attention portée aux détails" tout en jugeant d'autres aspects "peu réalistes".

Si les addictions de l'orpheline du Kentucky à des pilules vertes et à l'alcool l'aident à visualiser des mouvements d'échecs sur le plafond de sa chambre, il serait "quasi impossible de parvenir au sommet" dans de telles conditions, estime la championne hongroise.

Numéro un mondial des échecs féminins pendant 25 ans, elle est la seule à avoir intégré le top 10 des meilleurs joueurs, se hissant au huitième rang. Une compétition qu'elle a quittée en 2014 pour se consacrer à sa famille... et à la promotion des échecs.

Sa méthode éducative a pour but d'apprendre de façon créative et ludique. Elle a déjà conquis 500 écoles et quelque 40.000 enfants, "sans distinction entre garçons et filles".

Dans son "combat" pour plus d'égalité, la sensation Netflix du moment lui donne un petit coup de pouce.

"Les parents vont certainement être influencés", se réjouit-elle. "Des librairies aux magasins de jouets ou sites de jeux en ligne, j'entends partout que de nombreuses filles se mettent aux échecs".





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