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Le festival Tahiti Ti'a Mai se fête aussi au galop


Rédigé le Mercredi 7 Juillet 2021 à 08:23 | Lu 233 commentaire(s)



Mercredi 7 juillet 2021 - Cette année, Covid oblige, le Heiva i Tahiti a cédé la place au Festival Tahiti Ti’a Mai. Les courses hippiques, elles, sont toujours de la partie. Et le 11 juillet se tiendra la traditionnelle course en pareu. Rencontre avec les co-associés de l'écurie Les Tipaniers, Alexandra Sanchez, propriétaire, jockey et entraîneur et Alain Santoni, aussi trésorier adjoint de l'Association hippique et d'encouragement à l'élevage.

Alexandra Sanchez Propriétaire, jockey et entraîneur

Alexandra, depuis quand cours-tu ?
"Depuis que j'ai 14 ans. J'en ai 40 (rires)."

Qu'est ce qui t'a attiré ?
"La passion des chevaux déjà. Depuis que je suis petite. Quand je passais devant l'hippodrome, j'étais accrochée au bras de ma maman en hurlant 'cheval, cheval cheval'. J'ai toujours aimé les chevaux et j'ai commencé à monter à l'âge de 12 ans sur la plage de Tautira. J'avais vu un cheval et le propriétaire voulait bien que je le monte. J'ai appris à monter sur la plage à cru, après une dizaine de casse-gueules."

Comment t'es tu formée ?
"J'ai rencontré sur l'hippodrome celui qui est mon ami maintenant depuis 25 ans, Alfred Tardivel, un jockey propriétaire qui a bien voulu me former. J'ai monté ses chevaux et c'est comme ça que j'ai commencé. Après, je n'ai plus jamais arrêté."

"Ça se chouchoute comme une voiture"

C'est un métier difficile ?
"A Tahiti ce n'est pas tellement un métier, c'est une passion. On n'en fait pas notre métier parce que ça ne rapporte rien. C'est un sport comme un autre mais qui prend du temps : tous les jours, c'est 2 heures pour t'occuper de ton cheval, l'entraîner, le baigner, le faire brouter et le chouchouter. Ça se chouchoute comme une voiture."

Combien de chevaux as-tu ? D'où viennent-ils ?
"J'en ai cinq à moi et quatre autres. En tout, ils sont neuf dans l'écurie. La majorité vient de Nouvelle-Zélande, il y en a qui viennent aussi d'Australie, et même un d'Irlande, Kaptain, d'Alain Santoni. On fait des petits pour faire un peu d'élevage, pour renouveler le cheptel local, mais ils sont tous d'origine néo-zélandaise. Ce qu'on appelle "papa et maman importés".

Tu as un "chouchou" ?
"Ah oui ! C'est notre championne, Scorch. Depuis qu'elle est arrivée elle a fait neuf courses et huit victoires."

Tu fais appel à un vétérinaire en cas de soucis ?
"On espère ne jamais avoir besoin de faire appel à lui parce que généralement quand un cheval tombe malade, il ne revient pas. Un cheval c'est assez fragile, cela nécessite beaucoup de soins et quand tu fais appel au vétérinaire les factures sont importantes. On e a perdu un il y a 4 ans et un bébé aussi cette année, mais généralement on les garde longtemps, on a quand même une bonne étoile : ma première jument de course, Fetia, un pur sang néo-zélandais tout noir, que j'ai achetée quand j'avais 15 ans après avoir gagné une course, est morte l'année dernière à l'âge de 33 ans. Je l'ai achetée, elle avait 8 ans."

Pour toi, quelle est LA course mythique ?
"Le Prix de l'Arc de Triomphe. Il se court à Longchamp sur une distance de 2 400 mètres. C'est LE grand prix français, qui est sponsorisé par le Qatar."

Les courses en pareu sont un moment spécial dans la saison au fenua ?
"Les courses de chevaux en Polynésie, c'est dans notre culture. Et le moment des festivités du Heiva ce sont des courses spéciales : il y a les courses en pareu à cru avec des chevaux locaux et des courses aux couleurs d'antan où on remplace les casaques par de belles chemises à fleur. Ces courses font partie de la tradition et du patrimoine. La première a eu lieu le 20 juin, puis 11 juillet et la dernière le 1er août."

La course du 11 juillet a une valeur particulière ?
" C'est une course qui est très attendue par tout le monde car c'est le Grand Prix de la fête nationale. Le but c'est de gagner, d'être le champion ! Tu gagnes le 14-Juillet …"

Quels conseils donnerais-tu à quelqu'un qui voudrait se lancer dans les courses hippiques ?
"On a besoin de jeunes pour renouveler les jockeys qui commencent à vieillir. Je leur dirais que c'est une super passion, le lien que tu entretiens entre ton cheval et toi, c'est exceptionnel. Il faut une bonne condition physique, ne pas avoir peur de la vitesse. Et de tomber. La chute c'est ce qui fait le plus peur. J'ai du tomber une dizaine de fois mais toujours sans mal. De grosses chutes mais toujours avec une bonne étoile."

Tu as des projets ?
"Nous essayons de promouvoir l'élevage local avec nos juments et nos étalons. On essaye de faire un petit élevage avec de bons chevaux, de bonnes origines. pour ne plus avoir à commander à l'étranger. On a deux poulains déjà, Hitimahana et une petite qui a 1 an et demi, Miss Kipcup. Ceux là sont prêts à courir en course. Et ils sont adaptés au climat, parce que les chevaux néo-zélandais ne sont pas adaptés quand ils arrivent ils ont des maladies de peau, ils souffrent de la chaleur."

Alain Santoni Trésorier adjoint de l'Association hippique et d'encouragement à l'élevage (AHEE)

Les courses ont une longue histoire en Polynésie française ?
"L'Association hippique et d'encouragement à l'élevage a été créée en 1913. C'est la société qui est habilitée à organiser les courses et le pari mutuel. L'hippodrome était situé à l'actuel stade de la Fautaua à Pirae, il faisait 800 mètres, et dans les années 1950 il a déménagé là où il est actuellement, dans la vallée de Naohata."

Comment peut-on parier aux courses ?
"En Polynésie française on est PMH, Pari Mutuel Hippodrome, et non pas comme en France PMU, qui permet de jouer dans n'importe quel café ou débit de boisson. Nous avons un texte spécial qui règlemente les courses en Polynésie. Pour parier il faut se rendre sur l'hippodrome et choisir entre quatre formules de jeu, le jeu gagnant – trouver le premier – le jeu placé où le cheval choisi doit finir dans les 2 ou 3 premiers en fonction du nombre de partants, le jumelé dans l'ordre où il faut trouver les deux premiers et le triplé dans l'ordre. Depuis 5 ans, le pari mutuel a été complètement informatisé et sécurisé à 100%."

Les gains peuvent être importants ?
"A l'époque où il n'y avait pas encore le loto à Tahiti on avait eu des gains de 200 000 à 300 000 Fcfp. Aujourd'hui, le plus gros ces dernières années c'est 90 000 Fcfp."

"L'élevage local est en train de se restructurer. On y travaille"

Les courses sont elles retransmises à la télévision ?
"On a eu des directs live sur Polynésie la 1ère avec des commentaires ahurissants. Les gens trouvaient ça génial, ils disaient 'C'est génial' ; "Je ne savais même pas qu'il y avait des courses ici'… Mais il n'y a pas de retransmissions."

Le 11 juillet a lieu la course en pareu. Un événement à part ?
"Pour le Grand prix du 14-Juillet, qui a été décalé au dimanche précédent le 14, la fameuse course en pareu, sur une distance de 800 mètres, se court sans selle et en couronne de fleurs. Et après, tous les autres compétiteurs qui courent dans les courses classiques de trot et de galop quittent leur casaque traditionnelle pour des casaques en pareu, à leurs couleurs."

Des chevaux de Nouvelle-Zélande et de Polynésie participent aux courses. Où en est l'élevage au fenua ?
" 85% des chevaux qui courent sont des chevaux importés de Nouvelle-Zélande. L'élevage local est en train de se restructurer. On y travaille. Aussi pour améliorer les techniques d'élevage. Deux étalons sont des pur-sang, le mien, Kaptain Kirkurp, et Sir Kev de la famille Bambridge. Ils ont 13-14 ans et sont à la retraite. On commence à voir leurs premiers rejetons qui apparaissent en course. On en est au tout début."

Pratique

Courses les dimanches 11 juillet et 2 août, de 13h00 à 17h30, entrée libre
Et la mythique Course Pareu : course de galop sans selle, sur des chevaux nés en Polynésie, avec des jockeys vêtus de pareu et de couronnes de fleurs, départ au drapeau.
Hippodrome de Pirae
Balades à poneys pour les enfants – pari mutuel et snack/bar pour les parents .

Renseignements
87 77 01 67
associationhippique-pf@outlook.fr
www.ahee.pf
www.heiva.org




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