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Carnet de voyage aux Australes: "Rurutu entre roc, mer et ciel"


Rédigé le Mardi 23 Février 2016 à 10:31 | Lu 373 commentaire(s)


Depuis le calme et tranquille village de Auti, on ne soupçonne pas qu'en quelques minutes, on peut être transporté dans un monde aérien, où le fantastique le dispute au phénoménal. Balade acrobatique sur le "sentier oublié" à flanc de falaise.


Le massif et sa falaise s'appellent Toarutu. Entre, au nord, la plage du district de Peva Ra'i avec sa petite passe de Taero et, au sud, le village somnolent de Auti. Il s'agit d'une énorme avancée de calcaire sur l'océan déchaîné sur cette côte est de Rurutu. Un témoin de la surrection de l'île, lorsque son lagon corallien, après plus de dix millions d'années tranquilles, a été réveillé et soulevé par une seconde éruption volcanique. Ce lagon fossile et exondé, fait de carbonates de calcium, perché plus de cent mètres au-dessus du niveau de la mer, a vite été attaqué de toutes parts : à sa base, par l'océan et ses lames implacables, sur son sommet, par les pluies qui ont provoqué des infiltrations ; elles ont dissous le calcaire et créé un fabuleux réseau karstique de lapiez, de grottes, de failles et de sculptures naturelles. 

Des crocs menaçants

Jeu des glaciations, l'océan était plus haut de quelques dizaines de mètres il y a 120 000 ans. Il a, par conséquent, sapé la falaise à un niveau aujourd'hui situé à plusieurs dizaines de mètres au-dessus du niveau de la mer. En redescendant à son niveau actuel, il a laissé l'eau de pluie, enrichie en carbonates dissous, remodeler ces cavités marines. 
Aujourd'hui, telles les puissants crocs d'un monstre antédiluvien, la falaise de Toarutu semble menacer de ses crocs le dieu Ruahatu ; sensible à la provocation, l'océan répond par des assauts terrifiants de coups de boutoir qui résonnent jusque dans les profondeurs des cavités de la roche. La peur ne paralyse pas le visiteur, mais la crainte et le respect le forcent à la plus extrême humilité sur les faces à escalader. Il convient d'être prudent quand on va se jeter volontairement dans la gueule du monstre et que ce monstre se bat avec une mer formidablement formée. 

Gare à la marée haute !

D'ailleurs, au tout début de l'excursion, comme à la fin, on se retrouve les pieds dans l'eau, et il faut faire vite, très vite pour passer avant qu'une déferlante ne vous colle au rocher ; au mieux, le visiteur sera trempé, au pis, il sera écrasé. 

Ce n'est qu'une fois en hauteur que l'on prend toute la mesure du combat entre le monstre de pierre et l'océan. On en est à la fois le témoin privilégié et presque l'acteur, puisque, agrippé au rocher, on se rend, en quelque sorte, complice du dragon de pierre. Ce qui ne fait, semble-t-il que mettre encore plus en fureur la mer… 

Éviter de penser au vertige

Notre guide monte devant nous pieds nus. Nous sommes chaussés plus traditionnellement de chaussures en plastique. L'adhérence, sur ce substrat rongé par le sel, est excellente, car les prises sont innombrables et le calcaire de très bonne qualité. Pieds et mains trouvent mille et un appuis pour progresser dans des cheminées parfois très aériennes, où l’on évite de penser au vertige, au vide, au trou noir… Seuls compagnons fidèles, les pailles-en-queue ne cessent de virevolter autour des intrus, soucieux de ne pas les voir approcher des nichées (les phaétons commencent à se reproduire début juin et se concentrent alors dans les falaises de Rurutu). 

Une mâchoire béante

De grottes en surplombs de chatières en étroitures, on finit enfin par arriver dans la gueule du monstre, but ultime de la balade. Le paysage y est d'une époustouflante grandeur : des dizaines de stalactites et de stalagmites semblent soutenir la mâchoire béante narguant l'océan. Spectacle dantesque que cette grotte si haute perchée, avec des gours emplis d'eau en son milieu et des cascades de calcite dégoulinant des parois de la cavité… 

C'est le lieu idéal pour reprendre des forces : nous avons des oranges toutes fraîches cueillies la veille ; en complément, des jus de fruits pressés du matin (combavas, pamplemousses, oranges et bigarades, avec un zest de sucre). 

C'est maintenant nous qui dominons la mer et qui la défions. Force tranquille du roc sûr de son invincibilité, malgré la puissance des rouleaux. On ne se sent plus à Rurutu, on "est" Rurutu… 

Par Daniel PARDON


RURUTU PRATIQUE

Pour y aller 
Par Air Tahiti bien entendu, un vol par jour en haute saison. 

Pour y loger 
Plusieurs possibilités, mais dans le cas de ces falaises, la pension "Le Manotel" est toute indiquée : elle est située à environ 2 km du massif rocheux. Yves et Hélène vous réserveront le meilleur accueil (confort, cuisine de qualité, et multiples activités et balades pour découvrir Rurutu). Site : www.lemanotel.com  

Deux autres pensions dans les forfaits “ Séjours dans les îles  " : la pension Teautamatea de l’ami Viriamu (dans le district de Vitaria) et la pension Temarama, à l’entrée du village de Moerai (avec piscine). Forfaits à partir de 42 000 Fcfp/pers environ pour vols + 2 nuits (Site: www.sejoursdanslesiles.pf. ) 

Conseils utiles 
Le parcours, le long des falaises, est plutôt sportif. Munissez-vous impérativement de bonnes chaussures aux pieds, le calcaire lacérera très vite vos savates. Prévoyez d'emporter de quoi boire et manger dans la grotte dite "la gueule du monstre", le site est fabuleux. Si vous êtes sujet au vertige, demandez à partir avec une corde de 6 à 10 m de long environ, suffisante pour que votre guide assure les passages trop acrobatiques. 

Le bon sens 
Pour votre confort, partez de Auti pour remonter sur Peva, et non le contraire. C'est dans ce sens que l'excursion prend vraiment toute sa saveur. 





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