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Des oiseaux polynésiens sauvés de l'extinction !


Rédigé le Mardi 27 Juin 2017 à 16:18 | Lu 119 commentaire(s)


Quatre espèces d’oiseaux polynésiens, parmi les plus rares au monde voient désormais leur survie assurée grâce aux efforts considérables déployés par une équipe internationale de conservation qui a mené un grand programme de dératisation.


Gallicolombe érythroptère (Alopecoenas erythropterus), le « Tutururu » - Crédit photo : Marie-Helene Burle / Island Conservation
Gallicolombe érythroptère (Alopecoenas erythropterus), le « Tutururu » - Crédit photo : Marie-Helene Burle / Island Conservation
Des efforts considérables ont été menés durant deux ans pour combattre les prédateurs de certaines îles des Gambiers et des Tuamotu afin de sortir ces oiseaux de la liste rouge des espèces en voie d'extinction.
Résultat : ces oiseaux, originaires de ces îles, ainsi que la faune et la végétation endémiques , montrent des signes de meilleure santé.



La Gallicolombe erythroptère (Alopecoenas erythropterus, appelé localement Tutururu) est un des oiseaux les plus rares du monde, avec moins de 200 individus survivants dans les Tuamotu. Jadis, l’espèce était largement distribuée dans les archipels du Pacifique. La prédation et la compétition engendrées par la présence de mammifères introduits ont entraîné cette espèce au bord de l’extinction. Il en va de même pour bien d’autres oiseaux endémiques à l’instar de la Gallicolombe, considérée « en danger critique d’extinction » sur la liste rouge mondiale de l’UICN et signalant un risque extrêmement élevé d’extinction dans les années à venir.

Les habitats dépourvus de prédateurs introduits étaient tellement confinés que sans intervention, un cyclone, une sècheresse prolongée ou une simple maladie auraient pu avoir raison des rares individus survivants de ce gros pigeon terrestre.

L’introduction d’espèces de mammifères à elle seule serait responsable de 90% des cas d’extinctions avérés depuis le seizième siècle. Cette arrivée de prédateurs introduits, spécialement les rats et les chats, est concomitante à l’arrivée des premiers explorateurs sur toutes les îles du Pacifique, y compris les archipels les plus éloignés comme les Tuamotu.

La flore et la faune n’ont pas été capables de résister à cette prédation à laquelle elles n’étaient pas adaptées.

La restauration

BirdLife International, SOP-Manu-Société d’Ornithologie de Polynésie et Island Conservation ont mutualisé leurs efforts en 2015 pour restaurer les îles de l’archipel Tuamotu en y éliminant les prédateurs introduits. Cette opération a bénéficié du soutien du gouvernement de Polynésie, des propriétaires, de plusieurs contributeurs partenaires et surtout de l’implication des bénévoles qui se sont joints aux opérations de terrain.

Les îles Vahanga, Tenarunga, Temoe, Kamaka, Makaroa et Manui étant situées à plus de 1 500 km de Tahiti, un déploiement logistique considérable a dû être engagé, après plusieurs années de mise au point et de regroupement des fonds nécessaires (incluant notamment un partenariat avec Rovio « Angry Birds »). Il a fallu couvrir le coût de 165 heures de vol en hélicoptère et trois navettes de transport maritime pour acheminer les tonnes de matériel fournis par des partenaires clés tels que les laboratoires Bell et Tomcat. L’opération a été couronnée de succès, forte de l’implication de 31 personnes de six nationalités qui n’ont pas ménagé leurs efforts dans des conditions parfois très difficiles, y compris les longs voyages en mer. Le suivi réalisé en avril a confirmé le succès indéniable de cette restauration des habitats qui sont désormais libres de prédateurs introduits.

Un bénéfice double, pour les habitats naturels et la production de noix de coco

Ce projet a plus que doublé la surface d’habitat favorable où se reproduit la Gallicolombe ainsi que pour le rare Chevalier des Tuamotu (Prosobonia parvirostris, localement appelé Titi), espèce en danger au niveau mondial. L’effet bénéfique pour la végétation a également été enregistré, avec une croissance rapide et spectaculaire des végétaux endémiques sur l’île de Tenarunga.

Mais les bénéfices de cette dératisation s’étendent au-delà des habitats naturels. Les producteurs de noix de coco déclarent avoir doublé leur production en 2016, ressource principale dont vivent ces communautés isolées.

L’avenir

Il faudra maintenant augmenter l’aire de distribution du Tutururu et du Titi en menant des opérations de translocation sur des îles occupées par le passé selon une méthode qui a fait ses preuves en Polynésie. Des plans de réintroduction à Temoe sont en cours d’élaboration, de même qu’une technique pour attirer vers ces îles l’Océanite à gorge blanche, Nesofregetta fuliginosa, oiseau marin en danger au niveau mondial. Ce ne sont pas moins de 19 espèces d’oiseaux marins qui profiteront de ce travail de conservation, ainsi que des reptiles menacés tels que la tortue verte, Chelonia mydas.

Le défi qui attend maintenant les associations impliquées dans la restauration des habitats insulaires est la biosécurisation des cinq îles dératisées. Il s’agit en effet de surveiller l’éventuel retour des prédateurs introduits et d’assurer une prévention à long terme.

Les résultats enregistrés par l’association SOP-Manu et les partenaires impliqués dans ce projet sont remarquables. Cette restauration des habitats insulaires constitue un exemple unique en son genre dont les enseignements serviront à de futurs programmes de conservation des espèces menacées par les prédateurs introduits.

D'après un communiqué de la LPO




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